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The Legend of Zelda - A Link to the Past

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21/11/1991
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13/04/1992
Edité par Nintendo
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24/09/1992
Edité par Nintendo
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Photo de la boite de The Legend of Zelda - A Link to the Past
The Legend of Zelda - A Link to the Past, capture d'écran The Legend of Zelda - A Link to the Past, capture d'écran The Legend of Zelda - A Link to the Past, capture d'écran
Comment introduire un titre comme Zelda III ? Œuvre majeure du jeu vidéo, il a su définir à lui seul un style, un univers, un gameplay tellement forts qu'ils sont encore aujourd'hui appliqués et pompés comme les Shadoks. Miyamoto expliquait en 2007 dans un keynote d'Iwata-san – passé complètement inaperçu pour cause d'endormissement général de l'auditoire – que son objectif premier lors de la conception d'un jeu était d'amener un sourire sur le visage des joueurs. Ce que le maître n'avait pas imaginé, c'est qu'il avait déjà surpassé – de très loin – ce but. Ce n'est pas un sourire qui se apparait quand on se lance dans cette indescriptible aventure, c'est une lueur de l'émerveillement le plus pur qui brille de milles feux au fond des yeux. Zelda III est un de ces grands crus qui font sensation à leur sortie, et qui se bonifient inexorablement avec le temps. Si vous connaissez sûrement déjà tous ce classique d'entre les classiques, nous allons tenter de voir ce qui fait vraiment sa force, et pourquoi cette aventure angulaire du plus célèbre des elfes a joué un rôle précurseur dans le média qui nous tient le plus à cœur. Séquence émotion les amis...

Wake up, you idiot !

C'est au beau milieu de la nuit, sous une pluie battante que commence notre histoire. Alors que le téléphone portable n'a pas été inventé, une voix féminine vient arracher le jeune Link des bras de Morphée... C'est cette potiche de Zelda, qui doit visiblement avoir un lien de parenté avec la princesse Peach, puisque celle-ci vient encore de se faire kidnapper ! « Réveille toi et viens me sauver, fainéant ! », c'est à peu près sur ces mots que notre pauvre petit elfe commence sa journée. Pas le temps d'avaler un café, Link chausse ses bottes et part affronter les caprices de la météo et ceux de la demoiselle en maugréant...

Mais notre héros en devenir ne se lève pas pour rien, rassurez vous ! L'aventure qui vous attend est sans aucun doute l'une des plus inoubliables de notre temps... Ce troisième épisode tranche d'ailleurs radicalement avec les deux précédents, dans la mesure où le scénario occupe désormais une place non-négligeable dans le déroulement de l'action. Alors que les échanges se limitaient à une simple phrase pas toujours très cohérente (je pense bien évidemment au très célèbre « I am error » de Zelda II ^^), Zelda III nous transporte dans un monde cohérent, où les tribus occupent des positions géographiques spécifiques. Chaque personnage, du simple passant au monstre repenti possède sa propre personnalité et agira donc très différemment, parfois même en fonction de vos agissements ! Ça paraît tout bête aujourd'hui, mais un tel niveau d'interaction en a bluffé plus d'un à l'époque, y compris votre humble serviteur, of course. Ce travail sur les protagonistes renforce indéniablement l'immersion, et nombre de vos rencontres joueront à un moment ou un autre un rôle important dans le déroulement du scénario. Link n'est plus seul au monde et va donc tirer parti des connaissances de ses interlocuteurs pour progresser. Hyrule apparaît alors à nos yeux comme un véritable microcosme très organisé, peut-être le reflet de notre société ? Rien n'est gratuit dans ce bas-monde : les informations, les objets, les coups de mains, tout se paye, faisant du même coup passer ce petit monde médiéval-fantastique pour un fleuron du capitalisme, quel malheur mes amis...

He's gonna take you back to the past...

Le gameplay de ce troisième volet opère un « retour aux sources », après un second épisode bien plus axé RPG, A Link to the Past nous renvoie à l'alternance exploration/donjon, tout en y apportant d'énormes améliorations, Super Famicom oblige. Je viens d'évoquer la diversité des personnages, mais il en est de même pour les lieux que vous aurez à traverser : la world map de Zelda est pour l'époque IMMENSE. Accessible dès le début par simple pression du bouton X, le terrain de jeu qui s'offre à vous dépasse toutes les attentes. Progresser dans votre quête impliquera bien entendu de parcourir en long et en large la contrée d'Hyrule, criante de réalisme. Chaque coin de la carte se distingue radicalement des autres en proposant de nouveaux paysages, de nouvelles ambiances, de nouveaux ennemis. Chaque environnement est un nouveau prétexte au voyage, des déserts arides aux montagnes rocheuses en passant par des plaines verdoyantes ou des forêts mystérieuses, le monde de Zelda III est un savoureux melting-pot diversifié mais dans le même temps très harmonieux.

Les phases de donjon, quant à elles, ont été pensées pour mettre vos nerfs à rude épreuve. Chacun d'entre eux est un nouveau labyrinthe qui obéit à sa propre logique et vous oblige à trouver toujours de nouvelles astuces pour résoudre les innombrables énigmes qui parsèment l'aventure. Chaque donjon possède donc une thématique, et si l'on retrouve les sempiternels donjons de glace ou de feu, leur variété et leur nombre impressionnants forcent le respect. Si les tous premiers ne seront là que pour vous accompagner progressivement dans le jeu, la difficulté se corse rapidement, d'autant plus que la liste bien fournie d'items offre toujours plus de casse-têtes, et donc toujours plus de solutions. On y retrouve les classiques cartes et boussoles, mais également la désormais célèbre clé du boss, condition sine qua non pour espérer dénicher le nouvel item toujours aussi indispensable contre le boss du niveau. En parlant des boss, ces derniers font preuve de beaucoup d'imagination, le bestiaire comptant notamment un gigantesque scorpion masqué, un fantôme enflammé multipliant ses têtes, un dragon élémentaire à deux têtes, ou encore cet œil géant que l'on retrouvera comme clin d'œil dans Majora's Mask. Au fur et à mesure que votre jauge de cœurs augmente, les affrontements se font toujours plus balèzes, et certains peuvent devenir un calvaire qui tranche avec l'accessibilité de la série aujourd'hui, à l'image du boss du septième cristal...

Which one should I use ? This one ?

Si Zelda III met une claque au niveau de la variété de son univers, il propose également pour l'époque un arsenal d'items et d'upgrades dépassant l'imagination ! Si les grands classiques comme le boomerang, l'arc ou le marteau sont encore de la partie, l'inventaire s'enrichit de nombreuses nouveautés comme les médaillons, une cape d'invisibilité ou les désormais incontournables bocaux. Heureusement que les items vous parviennent progressivement, car on aurait bien vite fait de se perdre dans cet océan d'armes et d'objets ! Il faudra cependant bien connaître son inventaire, car seul l'un des innombrables items proposés peut être équipé grâce au bouton Y. Heureusement, la navigation bien que sommaire reste extrêmement bien pensée et permet de switcher d'un objet à l'autre en un clin d'œil.

Link s'enrichit également d'un équipement upgradable (si vous me permettez ce néologisme) : désormais, votre épée, votre bouclier et votre tunique évolueront au cours de l'aventure. Cependant, là où de nombreux autres jeux du même genre – et c'est encore le cas 15 ans après, un comble ! – se contentent de statuer l'objet comme équipé, dans Zelda III ces modifications se répercutent physiquement sur votre avatar ! Link devient et est perçu par le joueur comme bien plus balèze. Ce n'est peu être qu'un détail à vos yeux de nos jours, mais cet exemple renforce encore un peu plus l'immersion, pour notre plus grand bonheur.

Tell me glass, tell me true !

Il reste cependant un item bien plus particulier que les autres – et j'en veux pour preuve qu'une partie entière de ce test mérite de lui être consacrée – c'est le miroir magique... Obtenu au quart de l'aventure, ce miroir joue un rôle central dans le gameplay, car il permet de passer du Light World au Dark World. En effet, Zelda III repose sur la dualité de son vaste univers : le monde du début n'est en réalité que la face illuminée d'une pièce qui implique nécessairement un revers maléfique. Mesdames et messieurs, ce ne sont donc pas un, mais bien deux mondes qu'il vous faudra parcourir ! Et une fois de plus, il faut bien reconnaître que Nintendo a prévu les choses en grand, là où la plupart des titres qui exploitent ce genre d'astuce l'utilisent pour rallonger artificiellement la durée de vie, le Dark World de Zelda III se révèle d'une complémentarité exemplaire.

Les actions que le joueur effectuera dans un monde auront des répercussions directes sur l'autre : par exemple, une étendue d'eau vous bloque le chemin ? Utilisez le miroir pour vidanger le lac dans le Light World, et le tour est joué ! Des endroits a priori inaccessibles ne le sont plus en faisant un petit tour par le Dark World, et de nombreuses énigmes trouveront une solution en utilisant ce précieux item. Pour l'époque (nous sommes en 1991 je vous le rappelle), la complexité et la parfaite exécution d'un tel dispositif, c'est tout simplement du jamais vu ! Graphiquement, tout est fait pour pousser un peu plus loin l'opposition entre ces deux mondes : alors que le Light World est un modèle de verdure et de lacs bleu azurs, le Dark World vous plonge dans des teintes fades et bizarroïdes de cet univers « pourri », où tout n'est que désolation... Les habitants croisées dans le Light World ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes et sont même parfois devenus des monstres, Aye Caramba !

Ocarina Tune

Avant de finir, comment ne pas dire un mot sur la superbe bande son de cet épisode, une fois de plus menée de main de maître par Koji Kondo himself ? Des thèmes toujours à propos grâce à un incroyable éventail d'instruments utilisés et un étonnant travail de superposition, l'OST de Zelda III est aussi mythique que le jeu en lui-même et ravira les oreilles des amateurs avertis comme des auditeurs du dimanche. Nombreuses sont les compositions passées à la postérité désormais, mais mon coup de cœur va à l'Ending Theme un peu moins connu, mais qui vous bercera à la perfection pour vous remettre d'une fantastique aventure et vous plonger dans la béatitude la plus extrême...

Je ne peux dire que du bien des SFX, qui fourmillent littéralement tout au long du jeu. Sérieusement, chaque action du joueur se traduira en son : la lame de votre épée à travers le vent, une balade dans les hautes herbes, un buisson découpé, tout à été pensé pour renforcer encore un peu plus l'immersion, et le résulta dépasse toutes les espérances, c'est encore une fois du jamais vu !


To infinity and beyond !

Je l'ai déjà dit, mais c'est bel et bien la richesse de Zelda III qui fait sa véritable force. Son vaste univers pousse à l'exploration déraisonnée pour notre plus grand bonheur. Tout a été pensé pour que chacune de vos ballades dans le microcosme d'Hyrule débouche sur une découverte. Car en effet, car chaque buisson ou rocher peut être l'entrée cachée d'une grotte qui récompensera votre curiosité par un quart de cœur ou un nouvel item ! Ainsi, si les énigmes d'un donjon vous prennent la tête, vous pourrez toujours choisir d'en claquer la porte et aller faire un tour, il y a de grandes chances pour que vous reveniez quelques heures plus tard bien mieux équipé. Cette immense liberté est une vraie bénédiction, car le joueur pourra ainsi progresser comme bon lui semble, et il n'est pas rare de laisser de côté la quête principale pour mettre à jour tous les secrets de Zelda III. Alors qu'on parle beaucoup aujourd'hui de sandbox gameplay, il faut reconnaître que cet épisode s'affiche comme un précurseur en la matière, en proposant un univers open space qui ne se révèlera qu'au fil du temps, au fur et à mesure que de nouveaux items permettront au petit elfe d'aller encore et toujours plus loin...

Gameplay : 20/20 Zelda III est un exemple de profondeur en la matière, grâce à un arsenal d'items gigantesque et des interactions avec tous les éléments du décor, en alternant toujours les phases donjon/exploration.

Scénario : 15/20 Premier épisode véritable scénarisé, A Link To The Past nous révèle l'origine de la Triforce et se permet quelques rebondissements sympathiques, mais il faut bien reconnaître que ce n'est jamais la force de la série.

Graphismes : 19/20 Alors qu'il déboule pour accompagner la sortie de la Super Famicom, Zelda III décroche littéralement la mâchoire en proposant des graphismes de toute beauté, pour nous plonger dans un univers ahurissant de vie et de diversité !

Durée de vie : 20/20 Entre une quête principale énormissime (oui je sors les superlatifs) et des tonnes de secrets à découvrir, il sera même difficile d'en faire complètement le tour... « Rien de prévu pour le prochain millénaire ? » disait la pub, ils ne nous avaient pas menti les bougres !

Bande son : 17/20 Une bande son divine et des bruitages criants de réalisme, vos esgourdes poilues vont être aux anges !


Verdict : 19/20

Zelda III est une aventure à vivre plus qu'à décrire, cet épisode est une ode à l'aventure, à la découverte, à l'émerveillement... Tellement immense que les mots ne sauraient le résumer, la seule chose que je peux vous dire, c'est que si vous n'avez jamais eu l'occasion de vous frotter à ce chef d'œuvre, lâchez immédiatement votre souris et courez misérables ! Vous me remercierez plus tard...


Article publié le 29/09/2008 Jeu testé par djrecette