lien vers mail lien vers facebook lien vers twitter lien vers youtube lien vers dailymotion lien vers le forum d'Oldies Rising
Recherche Avancée

Spirit of Speed 1937

Section Test.


Spirit of Speed 1937
05/04/2001
Edité par Acclaim Entertainment
________________________
Spirit of Speed 1937
31/07/2000
Edité par LJN
________________________
Spirit of Speed 1937
09/06/2000
Edité par Acclaim Entertainment
________________________
Console: Sega Dreamcast
Genre:Course
Développeur: Broadsword Interactive
Joueurs: Solo uniquement
Existe aussi sur: PC-

Photo de la boite de Spirit of Speed 1937
Spirit of Speed 1937, capture d'écran Spirit of Speed 1937, capture d'écran Spirit of Speed 1937, capture d'écran
De Test Drive à Sega Rally en passant par Daytona USA ou autres F355, les consoles de chez Sega ont toujours accueilli dans leurs ludothèques respectives des jeux de course d'une grande qualité, dotés d'une maniabilité proche des salles d'arcade ainsi que d'indéniables atouts techniques contribuant à en faire des références du genre. L'annonce en l'an 2000 d'un titre se plaçant dans une époque rarement exploitée de l'histoire automobile, puisque située entre les deux guerres, avait donc de quoi faire saliver plus d'un gamer. Promesses tenues? Réponse à suivre...

Un concept prometteur

Sur le papier, la perspective de pouvoir conduire divers bolides tous plus cultes les uns que les autres était particulièrement alléchante. Et lorsque l'on découvre les casting des véhicules disponibles, difficile d'être insatisfait par ce dernier. Vous pourrez ainsi prendre les commandes d'une quinzaine de voitures des années trente, allant de l'Alpha Romeo 12C à la Bugatti 35B, en passant par la Mercedes 125 ou la Miller 91. On appréciera au passage le petit descriptif disponible dans le manuel du jeu pour chacune de ces pièces de collection qui, s'il ne pourra être qualifié d'exhaustif, n'en permettra pas moins d'en apprendre un peu plus sur ces bolides hors du commun. Bien entendu, chacun d'entre-eux sera doté de caractéristiques (Vitesse Max, Régime Max, Cylindrée, Puissance, Poids et Nombre de rapports de la boite de vitesses) lui étant propres, et modifiant de manière tangible la conduite. Côté circuits, le joueur pourra parcourir un total de neuf pistes authentiques situées aux quatre coins du monde. En bon globe trotter, il visitera ainsi successivement l'Angleterre, les États-Unis, la France, la Libye, l'Allemagne et l'Italie. Là encore, un descriptif accompagnera chacun de ces lieux, toujours dans le manuel du jeu, permettant de se familiariser avec le tracé des pistes, mais aussi avec leur historique et les circonstances de leur création.

Un contenu correct

Côté contenu, le soft remplit donc plutôt bien son contrat, d'autant que les différents modes de jeu à disposition du joueur sont susceptibles d'être garants d'une bonne longévité. On pourra tout d'abord s'essayer au mode « Course Rapide » vous propulsant sur la grille de départ d'un circuit préalablement sélectionné dans le menu. « Course Simple » donnera quant à lui accès à des qualifications ou à un simple entrainement pour maximiser ses chances dans le mode « Championnat », dont le seul nom suffit à en comprendre la teneur. Enfin, le mode « Scénario » vous placera la plupart du temps dans une situation délicate que vous devrez conjurer pour finalement remporter la victoire. Au nombre de dix, ces scenarii apportent clairement une bonne dose d'intérêt au soft, puisque vous donnant des objectifs particulièrement ardus à remplir qui nécessiteront de votre part beaucoup d'acharnement. A noter que trois niveaux de difficulté sont disponibles, rendant de fait le jeu accessible au plus grand nombre.

Pour le moment, le bilan peut paraître élogieux pour le titre de Broadsword. Les quelques points forts ayant été abordés dans les deux précédents paragraphes, attaquons nous donc aux innombrables faiblesses du titre. Pour continuer sur le contenu et les différents modes de jeu, sachez tout d'abord qu'aucun mode multijoueurs ne vous fera l'honneur de sa présence. Un comble pour un jeu de course, genre particulièrement adapté aux joutes entre amis au travers d'un écran splitté. Terminons sur cet aspect du jeu en soulignant le manque de clarté du menu principal, tout simplement épouvantable à comprendre et tout aussi désagréable à utiliser. Pour ne rien arranger, aucun texte ne vient accompagner les différents choix présents à l'écran, si bien que vous devrez tâtonner pour espérer trouver votre bonheur. Le même constat s'impose pour ce qui est du choix des véhicules, les différents critères n'étant pas forcément très clairs et entrant parfois même en contradiction. Des problèmes gênants mais néanmoins anecdotiques en comparaison de ce qui va suivre...

Petit voyage en Delorean de dix ans en arrière

Pour vous faire comprendre les sensations ressenties, je me propose de vous faire revivre en quelques lignes le premier lancement du jeu. Ce dernier s'ouvre sur une séquence introductive façon « film d'époque », plongeant directement dans l'ambiance très « années trente » qui prédominera tout au long de la partie. On se retrouve ensuite sur un écran titre nous intimant d'appuyer sur Start, ce que tout joueur censé s'empressera de faire. Et là, on découvre avec effroi qu'un temps de chargement d'une vingtaine de secondes est nécessaire pour effectuer cette transition vers le menu principal. Un constat initial qui sera hélas confirmé par la suite, ces loadings étant systématiques et excessivement longs quelle que soit la demande formulée par le joueur. A ce stade, le suspense reste entier. Le joueur moyen, magnanime dans son approche, est encore prêt à pardonner ce petit excès si le reste du jeu répond présent sur le plan qualitatif. Trois minutes de navigation dans le menu plus tard, on se retrouve finalement sur la grille de départ.

Et c'est à ce moment précis que toute trace d'indulgence disparaît pour laisser place à une sombre colère mêlée d'une certaine incrédulité. C'est à ce moment précis que le joueur découvre que la qualité visuelle exécrable entrevue dans la cinématique d'introduction, mais néanmoins efficacement masquée par un effet vintage très bien rendu, semble toucher l'intégralité du jeu. Oui, mesdames, mesdemoiselles et messieurs, Spirit of Speed 1937 est bel et bien doté d'une réalisation en parfaite adéquation avec l'année mentionnée dans son titre. Avant même d'enclencher la première, on remarque une modélisation des véhicules à mille lieues des capacités techniques de la Dreamcast, qui a vu naitre dans sa ludothèque, rappelons-le, d'époustouflantes démos techniques comme F355 Challenge, Sega Rally 2, ou encore Shenmue dans un autre genre. On a ici clairement le sentiment que les développeurs ont choisi de représenter des voitures issues des années 30 par simple flemme de modéliser tous les détails d'une Lancia Stratos. C'est pourtant dans les véhicules que se situe la plus belle part du travail effectué par ces messieurs de chez Broadsword sur le plan visuel. Car dès le départ de la course, on remarque avec effarement la pauvreté sans nom des textures composant le sol. Et ne parlons même pas des décors : entre les bitmaps collés sur des cubes censés représenter des bâtiments, les arbres en deux dimensions, ou encore les spectateurs semblant sortir tout droit des gradins de Fifa 96, difficile de trouver une quelconque excuse aux développeurs à ce niveau. Pour ne rien arranger, un clipping omniprésent vous donnera constamment l'impression d'évoluer dans une autre dimension tant les images fixes (basse résolution, est-il utile de le préciser) faisant office d'arrière plan mettront du temps à s'afficher.

Désespéré, on switche frénétiquement entre les quatre caméras disponibles afin d'essayer de masquer tant bien que mal cette agression visuelle, et l'on tombe malencontreusement sur la vue intérieure qui met en évidence de manière flagrante, si le doute étant encore permis à ce stade, le manque d'implication des développeurs. En effet, un coup d'œil dans les rétroviseurs vous permettra de constater avec effarement que ces derniers sont flanqués d'images fixes, sans le moindre défilement, et montreront inlassablement la même chose du début à la fin de la course! Un comble, même si je dois reconnaître l'effort consenti, et consistant à changer ladite image fixe en fonction du véhicule conduit (mais pas des circuits parcourus)... On se surprendra alors à tenter d'arracher son rétroviseur en se frottant contre un mur, dans une tentative désespérée d'octroyer au soft une chance d'échapper à la nullité absolue. Mais cet espoir s'évanouira bien rapidement, le titre n'intégrant bien évidemment aucune gestion des dégâts. Pour terminer sur l'aspect technique, sachez enfin que des ralentissements s'inviteront à la fête d'une manière assez régulière, et sans rapport apparent avec le déroulement des événements à l'écran. On se demande bien pourquoi, au vu du rendu visuel faisant passer Gran Turismo premier du nom pour un étalon graphique... Et ne comptez pas sur l'aspect sonore pour empêcher Spirit of Speed de plonger vers les abîmes de la médiocrité. Les quelques musiques, en trop petit nombre, on beau être dans le ton, elle ne parviennent pas à rattraper l'insuffisance des bruitages beaucoup trop pauvres pour convaincre et faisant plus penser à des tondeuses à gazon qu'à de mythiques véhicules.

Un gameplay inintéressant au possible

Passons enfin au gameplay, qui n'est clairement pas là pour améliorer un bilan déjà particulièrement catastrophique. La seule bonne idée réside dans la gestion de certains paramètres durant la course. Vous devrez donc garder un œil sur votre niveau d'huile, de carburant, ainsi que sur l'état de vos pneus pour éviter les mauvaises surprises, caractéristiques modélisées par un indicateur situé sur la droite de l'écran. En cas de problème, un petit passage au stand vous permettra de repartir du bon pied et de finir la course dans de bonnes conditions.

A côté de cet aspect somme toute assez intéressant, nous avons cependant droit à un cortège de problèmes tous plus rédhibitoires les uns que les autres. Tout d'abord, le moteur physique est probablement le pire qu'il m'ait été donné de voir dans un jeu de course, avec des véhicules qui rebondissent comme des balles de ping-pong sur les rebords au moindre choc. Par ailleurs, je ne peux qu'avouer mon incapacité à comprendre la gestion du drift adoptée ici. En effet, on pourra parfois aborder un virage à 230 KM/H sans déraper le moins du monde, tandis qu'un petit coup de volant à une vitesse moindre déclenchera un dérapage impossible à rattraper. Pour rebondir sur la notion de virage, sachez qu'aucun plan du circuit ne viendra vous assister dans votre conduite, rendant de fait totalement impossible l'anticipation des passages difficiles sans connaître chaque circuit par cœur. Même l'exploitation de la manette laisse à désirer. Le pad Dreamcast apportait en effet à l'époque une innovation de taille particulièrement intéressante pour les jeux de course : deux gâchettes analogiques, permettant de doser les accélérations ainsi que le freinage, en appuyant plus ou moins fort sur lesdites gâchettes. Ici, et ce pour une raison inconnue, les concepteurs du jeu ont décidé d'utiliser ces dernières comme des boutons classiques... Bref, ajoutez à cela une impression de vitesse lamentable et des sensations de conduite rendant le pilotage d'une voiturette passionnante en comparaison, et vous obtenez une maniabilité inintéressante au possible dont la simple évocation est susceptible de provoquer un assoupissement immédiat...

Conclusion

La nostalgie est une chose magnifique sans laquelle Oldies Rising n'aurait jamais vu le jour. Mais quand des développeurs pourrissent la ludothèque Dreamcast avec un jeu digne d'une Playstation visuellement parlant, les bornes sont clairement dépassées! Laid, insipide et désagréable à jouer, Spirit of Speed 1937 n'est pas doté d'atouts suffisamment significatifs pour justifier son achat, même à tout petit prix... d'autant que la machine possède quelques pépites susceptibles de contenter les fans de jeux de course les plus exigeants!

Réalisation : 5/20
Gameplay : 7/20
Bande son : 7/20
Durée de vie : 10/20
Scénario : -/20

VERDICT : 6/20


Article publié le 23/02/2012 Jeu testé par Manuwaza