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Silent Hill

Section Test.


400 Bad Request Silent Hill
04/03/1999
Edité par Konami
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Silent Hill
31/01/1999
Edité par Konami
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400 Bad Request

Silent Hill

01/08/1999
Edité par Konami
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nginx
Console:
Sony Playstation
Genre:Survival Horror
Développeur: Konami
Joueurs: Solo uniquement
Une exclusivité Sony Playstation
Vidéo(s) commentée(s): 1
Photo de la boite de Silent Hill
Silent Hill, capture d'écran Silent Hill, capture d'écran Silent Hill, capture d'écran
La saga des Resident Evil est sans conteste celle qui a rendu le genre des survival-horror aussi populaire parmi les joueurs de toutes les latitudes. Seulement, difficile pour Capcom de ne pas faire d’émules et de rester en situation monopolistique sur ce nouveau marché. C’est ainsi que trois ans à peine après la sortie du premier opus des mésaventures de Jill Valentine, Konami marche sur les traces du créateur de Street Fighter en sortant Silent Hill. S’il est clairement différent du titre dont il est inspiré, force est de constater qu’il a à sa disposition une pléthore d’atouts qui ne laisseront pas le joueur indifférent.

Scénario (19/20)

Le premier de ces atouts est sans aucun doute le scénario dont je vais essayer de vous exposer les grandes lignes. Silent Hill était une petite ville prospère dont l’économie basée sur le tourisme était perpétuellement au beau fixe, jusqu’au jour où un terrible incendie ravagea cette paisible bourgade. Le temps passa mais rien ne fut oublié… Sept ans plus tard, un veuf du nom d’Harry Manson décide d’emmener sa fille Cheryl en vacances dans cette ville, destination choisie par la fillette. Cette dernière est en effet des plus introverties et ces vacances sont censées être un bon moyen de lui faire oublier la mort de sa mère survenue quelques temps auparavant. Nous retrouvons donc nos deux protagonistes sur les routes sinueuses menant à leur destination. Tout à coup, Harry aperçoit une moto couchée sur le bas côté et détourne ainsi son regard de la route pendant une fraction de seconde… Erreur qu’il va amèrement regretter, puisqu’il ne verra que trop tard la silhouette de la fillette se dessiner dans la lumière des phares. Réalisant soudain avec effroi ce qui risque de se passer, il donne un brusque coup de volant pour tenter d’éviter l’enfant et va s’encastrer dans le bas côté, s’assommant sur le volant. Lorsqu’il reprend ses esprits, Harry jette un coup d’œil à sa droite et constate avec horreur que la portière est ouverte et que Cheryl a disparu. En proie à une violente panique, il s’extirpe de la voiture pour partir à la recherche de sa fille. Et là les questions commencent à assaillir son esprit. Quel est cet endroit recouvert d’un épais brouillard ? Serait-ce Silent Hill ? Ou sont les habitants ? Comment est il arrivé ici ? L’arrachant à ses pensées, une petite silhouette passe tout à coup à proximité. Harry, pensant qu’il s’agit là de sa fille, se lance à sa poursuite et pénètre ainsi sans le savoir dans son pire cauchemar… Loin de moi l’idée de spoiler cette fantastique trame scénaristique, puisque vous découvrirez les lignes ci-dessus par vous-même dès les premières minutes de jeu par le biais d’une splendide séquence introductive. Au fil du jeu, vous pourrez petit à petit découvrir le scénario complexe et recherché et devrez comprendre les liens de votre fille, trouvée sept ans plus tôt au bord d’une route menant à Silent Hill, avec cette ville maudite entre toutes.

Réalisation (18/20)

Ce scénario digne d’un film hollywoodien est soutenu par une réalisation impeccable, permettant ainsi de retranscrire exactement l’atmosphère oppressante et malsaine que les développeurs se sont fait un devoir de nous faire partager. Sur ce point, Silent Hill marque une rupture avec son concurrent direct (Resident Evil) en proposant des personnages évoluant dans un environnement entièrement modélisé en 3D temps réel (alors que RE a la particularité de proposer des décors en 3D précalculée). Si l’on observera une légère perte de qualité visuelle due à ce choix, elle sera amplement rattrapée par les avantages que ce principe apporte, puisque l’intégration des personnages dans ces décors sera tout simplement parfaite, contrairement au mélange entre la 2D et la 3D. La modélisation des personnages, au même titre que celle des différents tableaux de jeu est des plus fines, malgré une certaine raideur dans les mouvements d’Harry. Mais là ou Silent Hill fait très fort, c’est dans la déferlante d’effets visuels dont vous serez gratifiés tout au long du jeu : effets de lumière superbes, pluie plus vraie que nature, neige vous donnant aussi froid dans le dos que l’atmosphère angoissante, ou encore la fatigue du personnage qui sera visible à l’écran après une longue course…

La Playstation est ici admirablement bien exploitée et nous prouve qu’elle est à même d’afficher de très belles choses en matière de 3D. Cependant, ces prouesses techniques sont rendues possibles par l’utilisation d’un ingénieux procédé : la ville est constamment recouverte d’un épais brouillard, permettant de cette manière à la console de n’afficher qu’un petit périmètre situé autour du héros et ainsi d’offrir un rendu extrêmement détaillé. Cette pratique aura ses détracteurs, certains proclamant qu’un tel brouillard était inadmissible pour un jeu de 1999. Pour ma part, je trouve que ce dernier ajoute à l’ambiance (puisqu’il sera fréquent que vous perceviez la présence d’un monstre qui restera invisible à vos yeux jusqu’à ce qu’il soit trop tard) et est fort bien justifié par le contexte du jeu. Enfin, la connotation cinématographique du soft est renforcée par de splendides effets de caméras jamais choisis au hasard et directement issus du septième art vous faisant réellement ressentir la pression lors des phases de fuite. On regrettera quelques bugs d’affichage (collision et pixellisation) ainsi qu’un flagrant manque de variété au niveau du bestiaire (d’autant plus dans les versions pal et jap, sujettes à la censure) mais vous serez bien vite happés par l’ambiance et deviendrez insensibles aux maigres défauts de réalisation du titre, l’immersion allant même jusqu’à vous faire ressentir les battements de votre cœur via la manette Dual Shock.

Gameplay (18/20)

En effet, c’est bien dans l’ambiance et le principe de jeu que Silent Hill rompt radicalement avec son concurrent direct. Là ou Resident Evil vous propose un gameplay fortement orienté action, le titre de Konami vous incitera fortement à éviter le combat lorsque ce sera possible, puisque les munitions deviendront rapidement un problème crucial au tout début de votre partie, vous obligeant bien souvent à livrer des combats au corps à corps lorsque vous ne pourrez pas éviter l’affrontement. En effet, outre leur nombre des plus limité, la capacité d’Harry à manier un fusil à pompe ou un 9mm sera à cent lieues de celle de Jill Valentine et vos coups de feu manqueront fréquemment leur cible (pas de visée semi automatique), gaspillant ainsi de précieuses munitions. En outre, l’arsenal disponible se limitera à une arme blanche, un pistolet et un fusil à pompe et sera ainsi amputé des lance-roquettes et autres joyeusetés du même genre. L’ambiance malsaine sera clairement la principale source de stress pour le joueur, de même que la sensation d’être en permanence à la merci de tout ce qui l’entoure sans ne pouvoir rien y faire. En effet, vous aurez à votre disposition une radio qui grésillera dès lors qu’un monstre se trouvera à proximité. Autant vous dire que votre adrénaline montera en flèche dès que vous entendrez ce son, puisque vous ne verrez absolument rien devant vous et devrez donc courir à l’aveuglette pour vous tirer de ce mauvais pas, cet objet vous indiquant la présence de monstres et non leur position. Autre particularité du jeu, vous serez fréquemment amenés à évoluer dans un environnement sombre, vous contraignant à l’utilisation d’une lampe torche, ce qui réduira encore davantage votre champ de vision et menant ainsi votre stress à son paroxysme (d’autant que les monstres feront preuve d’une incroyable capacité à se dissimuler dans la pénombre, attendant votre passage pour vous attaquer). Le jeu délaisse donc le côté action et horreur pure pour s’axer sur la suggestion, rendant ce que vous ne voyez pas terriblement plus effrayant que les monstres en eux même. Côté mouvements de base, les habitués de Capcom ne seront pas dépaysés puisque les mouvements seront rigoureusement identiques à ceux d’un Resident. Ainsi vous serez à même de marcher, courir et pointer votre arme pour tirer. A noter cependant que vous aurez la possibilité de tirer tout en marchant ou courant, ce qui rendra les combats plus dynamiques.

L’inventaire ressemblera également beaucoup à celui de son concurrent direct, avec les mêmes principes de base qui seront repris (pourquoi changer un principe qui gagne ?). Dites toutefois adieu aux coffres vous permettant de stocker votre surplus d’équipement, puisque vous porterez tous vos objets dans vos poches. A noter la compatibilité du titre avec les fonctions analogiques de la manette rendant les déplacements dans les environnements 3D assez agréables, et ce malgré une gestion des caméras parfois problématique qui vous handicapera gravement lors de vos déplacements (ce qui sera d’autant plus grave lorsque vous tenterez d’échapper à une horde de monstres). Enfin, il convient de souligner l’immensité de la ville entièrement modélisée en 3D dans laquelle vous pourrez facilement vous perdre. Rassurez vous cependant car vous aurez à votre disposition une carte sur laquelle toutes les informations utiles s’inscriront automatiquement pour vous guider dans votre progression, si bien que vous saurez toujours vers quelle direction vous diriger. Gameplay parfaitement en accord avec le principe du jeu donc qui, s’il n’est pas parfait, a au moins le mérite de bien soutenir l’ambiance générale de Silent Hill.

Bande son (17/20)

De même, la bande son apporte énormément à cet univers cauchemardesque en prenant le pari osé de ne quasiment proposer aucune musique pendant le jeu, laissant ainsi la place à des bruitages des plus effrayants. Vous en viendrez à haïr le son de votre radio vous avertissant de la présence de monstres dans les parages, et vous serez pris d’une irrésistible panique à l’écoute de la multitude de petits bruits vous entourant constamment et vous gardant perpétuellement sur le qui-vive. Si le scénario, les graphismes et le gameplay contribuent certes à créer l’atmosphère oppressante de Silent Hill, la bande son n’y est clairement pas étrangère et parvient malgré sa simplicité à vous faire froid dans le dos plus souvent que vous ne le souhaiteriez.

Durée de vie (15/20)

Malheureusement, les meilleures choses ont une fin et la qualité du titre laissera la désagréable impression que ladite fin arrive beaucoup trop vite. Il est de notoriété publique que la longévité n’a jamais été le principal point fort des survival-horror et Silent Hill n’échappe hélas pas à la règle. Cependant, si l’aventure en elle-même est assez courte, sa difficulté pourra vous ralentir considérablement, que ce soit par la multitude de monstres rôdant dans la ville (qui, même s’ils sont faciles à tuer, pourront vous poser problème du fait du peu de munitions que vous aurez à votre disposition) ou par les énigmes autrement plus retorses que dans Resident Evil qui mettront parfois votre sens de la logique et votre intelligence à rude épreuve. Autre point positif dans ce domaine : vos agissements agiront directement sur le dénouement de l’aventure et vous pourrez ainsi, selon les décisions que vous aurez prises, assister à quatre fins différentes. Libre à vous donc de recommencer l’aventure pour en voir tous les dénouements, même s’il vous faudra tout de même attendre quelques temps entre deux parties puisque le déroulement de l’aventure restera identique.

Conclusion (19/20)

Plus qu’une copie de Resident Evil, Silent Hill est clairement l’initiateur d’un nouveau genre de survival-horror, délaissant le côté action pour se concentrer sur l’ambiance et la dimension psychologique. Alliant avec brio une réalisation soignée donnant lieu à de splendides effets de caméra et un gameplay ayant déjà fait ses preuves, il se base sur la suggestion vous faisant ainsi redouter ce que vous ne pouvez voir, principe maintes et maintes fois éprouvé au cinéma, notamment par le grand Alfred Hitchcock. Son seul point faible notable sera sa durée de vie un peu faiblarde (faiblesse rendue plus frustrante encore du fait de la qualité du jeu) mais l’on pardonnera bien vite ce défaut pour se plonger dans l’ambiance et les intrigues en tout genre de la ville fantôme la plus célèbre au monde : Silent Hill…


Article publié le 06/08/2008 Jeu testé par Manuwaza