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Rastan Saga 2

Section Test.


Rastan Saga 2, capture d'écran Rastan Saga 2, capture d'écran Rastan Saga 2, capture d'écran
here Ceux qui lisent régulièrement mes tests savent que j'aime faire découvrir des titres originaux et trop souvent méconnus. Ils savent également que j'aime de temps à autre réhabiliter certaines productions, dénigrées pour des raisons souvent assez injustes ou mal fondées. Aujourd'hui encore je m'en vais défendre un jeu que je ne juge finalement pas si médiocre que ça.

Rastan Saga 2 ou l'éloge du prétexte!

Le scénario de Rastan Saga premier du nom était mince mais son prétexte tenait la route et introduisait une histoire, racontée par un roi, qui pouvait faire office de saga sur le long terme. Pour beaucoup, Rastan Saga 2 rompt totalement les liens avec son ancêtre et ne semble finalement avoir un rapport avec ce dernier que dans son épilogue, lorsque le héros est définitivement appelé Rastan. Selon le flyer d'époque, nous sommes cette fois dans le pays sacré de Rastania. Là, une gigantesque tour est dite accorder la domination du monde à celui qui la conquiert. Un groupe nommé "le groupe des vilains" (ça ne s'invente pas) tente d'y assoir son contrôle. Un jeune homme décide de s'opposer à eux. L'aventure commence alors.

Sincèrement, lorsque l'on regarde le scénario de Rastan Saga, une forme de "logique d'heroic fantasy" régnait. Voulant acquérir des richesses, un voleur guerrier proposait à la princesse d'un certain royaume de mettre fin aux jours d'un puissant dragon, celui-ci exerçant un contrôle maléfique sur une pléthore de créatures dudit royaume. Cette suite, si tant est que le début nous permette de l'appeler ainsi, peut donc laisser dubitative. Il est vrai que les personnages incarnés dans les deux opus se ressemblent, bien que celui du volume deux fasse plus jeune. Mais il semble difficile de croire qu'il s'agit du même Rastan puisque celui-ci aurait acquis de grandes richesses à la fin de son premier périple. On ne peut même pas supposer que la suite soit en fait une préquelle puisque dans ce cas le Rastan défaisant le dragon n'aurait plus été un simple voleur. Tout cela est bien étrange et c'est un point qui choque souvent les joueurs de la première heure. Je pense que le tout peut s'interpréter de la manière suivante : le premier Rastan avait donné son nom à un royaume et le héros de l'épisode 2 a obtenu, par sa bravoure, le même patronyme, synonyme d'exception et de courage. C'est d'ailleurs ce que laisse entendre la phrase clôturant le jeu : la guerre de la sacrée Rastania est terminée. Les personnes appelèrent celui qui avait survécu à cette guerre "Rastan". Il ne faut pas oublier que cette suite n'a pas été développée par l'équipe du premier épisode. Les différences sont assez éloquentes dans la conception de tous ses aspects pour laisser penser que la seconde équipe a eu sa propre vision des choses. Le Rastan qui officie aujourd'hui ne semble pas avoir d'autre ambition que de défaire un groupe malveillant. Au vu de la personnalité et des raisons du passage à l'action du barbare des épisodes 1 et 3 (le simple attrait pour la puissance et la richesse), il est fort peu probable que nous ayons affaire au même personnage puisqu'il n'agit cette fois que par pur héroïsme.

Bref, peu importe comment nous pouvons percevoir le scénario proposé, il se tient tout autant que peut se tenir celui de la saga Zelda par exemple, du point de vue d'un épisode par rapport à un autre. Et puis, un jeu qui vous laisse vous poser des questions sera toujours pour moi un jeu avec un petit plus.

Gameplay: 11/20

Commençons par brièvement expliquer le jeu: Vous dirigez un barbare devant aller de gauche à droite pour rejoindre un boss en fin de parcours. Ce parcours est jalonné d'ennemis et de pièges. Vous donnerez des coups d'épée hauts ou bas et sauterez pour progresser. Venons en maintenant directement à ce qui nous intéresse ici.

Après un Rastan Saga formidablement orchestré au niveau du gameplay, nombreux sont les joueurs à avoir été déçus par les changements radicaux opérés sur sa suite! Et je peux comprendre la déception puisque moi-même je trouve ces modifications dommageables. En fait, c'est bien simple, dans ce second épisode de la trilogie Rastan, tout semble avoir été revu à la baisse concernant le rythme! Le déplacement du héros, qui était vif et leste auparavant, devient particulièrement lent et quelque peu lourdaud. Les coups d'épée, et particulièrement ceux qui nous permettaient de sauter la lame pointée vers le bas, se retrouvent également être moins vifs et il ressort de l'ensemble déplacement/coup, un sentiment de lourdeur générale qu'on pourra, à juste titre, trouver désagréable. Ce n'est qu'un détail mais il a son importance lorsqu'on l'associe à d'autres "paramètres" qualifiables de "défauts". Ainsi, les collisions avec les ennemis sont fréquemment une source de mécontentement. Il semble que la "hit box", la surface de détection d'une touche, soit assez réduite. En pleine partie, il ne sera pas rare de se retrouver à marteler le bouton de frappe pour vaincre un ennemi qu'il nous semblait pourtant avoir touché. Ce n'est pas forcément flagrant au premier abord, mais les phases d'attaque par le haut donnent particulièrement cette impression. Couplé à une lenteur certaine, le gameplay en prend un coup et la nervosité acquise lors des parties d'un Rastan Saga ne sont vite plus qu'un souvenir avec ce second opus.

Enchaînons en précisant que les créatures vicieuses qui vous suivaient avant jusqu'en enfer, ne sont plus dotées que d'une paterne de déplacement rudimentaire. Ils suivent désormais un chemin comme beaucoup de jeux l'imposaient autrefois. Ce n'est pas un défaut en soit mais c'est d'une part incohérent par rapport au premier volume et d'autre part encore une fois très dommageable pour le "peps" du gameplay. Enfin, je terminerai cette énumération des changements préjudiciables au titre en abordant le gameplay du point de vue du joueur. Nous ne devons plus que très rarement effectuer des sauts dangereux, nous ne devons plus, dans le même ordre d'idée, effectuer que rarement des sauts sur des cordes! C'était là un des aspects primordiaux de Rastan Saga qui mariait avec un certain brio le Hack'n Slash et la plateforme. Nous ne demeurons plus qu'avec un jeu osant de temps à autre, timidement, proposer des phases d'action autres que la simple élimination d'obstacles "vivants". C'est véritablement regrettable d'autant que, par voie de conséquence, cette simplification du gameplay entraine aussi une perte de subtilité. Les armes annexes, vitales auparavant, ne deviennent plus que des "gadgets en plus" auxquels on finira par ne plus trop prêter attention, d'autant plus qu'elles se font rares au fil des niveaux comme si les développeurs eux-mêmes les avaient oubliées. Je préciserai quand même, pour les connaisseurs qui verraient éventuellement un manque de nuances dans mes propos, que des plateformes mouvantes, des jets de feux et autres rochers sont encore présents tout de même, n'allez pas croire que tout a disparu, c'est simplement que nous sommes à mille lieues de ce qui s'était fait avant.

Réalisation: 12/20 pour les sprites principalement

Si vous avez lu mon test de Rastan Saga, vous savez à quel point la réalisation, pour un jeu de 1987, était admirable. Vous savez que les fonds d'écran et le travail sur les pixels des décors étaient recherchés et donnaient à l'ensemble du jeu un cachet bien particulier, transmettant à merveille l'atmosphère "héroic fantasy" d'un Conan le barbare ou plus généralement d'univers baignant dans cette ambiance. Et bien oubliez tout de suite les éloges du premier jeu pour cette suite! Les environnements sont devenus beaucoup plus "plats". Terminé le pixel art tout en nuances et en dégradés. Finis les arrières plans invitant au dépaysement! Cette fois, les fonds sont dépourvus d'âme, ils sont standards pour ne pas dire basiques. Ce n'est pas laid, loin s'en faut mais un trop grand nombre de niveaux ne bénéficient pour fonds que de murs ou de paysages plus ou moins passe-partout, aux couleurs sans génie, au relief passablement présent. Le premier stage, avec son château, ses montagnes et sa forêt laisse présager quelque chose de bien, même si l'on sent dès le début que les efforts furent amoindris par rapport à la première production. Mais très vite on se rend compte que Taito a opté pour la simplicité. Le second level, avec sa forêt simpliste et son labyrinthe sur fond indéfinissable, le troisième avec sa caverne bleue puis ornée d'une simili-profondeur ne font que répondre aux quatrième et cinquième en ce qui concerne le flagrant manque d'inspiration. Relativisons tout de même encore une fois. Les décors ne sont pas laids, ils ne sont pas ratés, ils sont juste décevants après les merveilles vues en 1987.

J'aimerais par contre parler des sprites à présent. Alors là, attention, grande classe! Tout d'abord ces sprites sont souvent énormes, que ce soit en largeur ou en hauteur mais en plus bénéficient-ils d'une véritable maîtrise graphique! C'en est presque le jour et la nuit avec les décors tant ils semblent avoir fait l'objet d'un soin tout particulier. J'aurais envie de dire que l'art de Rastan Saga 2 réside dans ces sprites tant ils peuvent faire de l'effet. Le personnage du barbare n'est pas le plus réussi, ce sont les monstres qui le sont! Les développeurs ont repris l'inspiration mythologique déjà utilisée mais ont fait en sorte que l'on ait envie de découvrir chaque fois de nouvelles figures! Le premier niveau nous met ainsi en tête à tête avec des squelettes, du très classique mais déjà remarque-t-on une certaine finesse. Un peu plus loin un homme serpent et des zombies nous font y regarder de plus près. Les détails sont tout bonnement parfaits. Si le second niveau est un peu moins éloquent, il n'en reste pas moins pertinent, en particulier par rapport à son boss qui nous fait admirer le drapé de sa tunique. Le centaure du troisième stage est remarquable et en tant que fan de statuettes, un diorama de Rastan face à ce dernier ferait ma joie tout comme l'éléphant de combat surmonté de son cavalier décharné rencontré lors de la visite de la cinquième zone. Les visuels ne rendent pas forcément justice aux sprites mais les voir en mouvement, en sachant bien entendu relativiser par rapport à la technique de l'époque, est un petit moment d'agréable surprise.

Bande son: 12/20

Assez identique à celle du premier Rastan. J'ai encore une fois une préférence pour la précédente bande son qui savait utiliser les bruitages et le rythme pour insuffler de la vie supplémentaire au jeu, mais les voix féminines implantées dans celle-ci fait font leur petit effet et c'est assez surpris et intéressé qu'on l'écoute ou du moins qu'on progresse en sa présence.

Durée de vie: 13/20

Le jeu est encore très difficile mais devient aussi plus frustrant! La lenteur des déplacements, la détection des touches, plutôt défavorable au joueur et surtout certains passages offrant des sauts très mal pensés (il faut parfois se mettre complètement au bord d'une hauteur et se laisser tomber au millimètre pour atteindre une plateforme en contrebas) ou des pièges terriblement difficiles à passer sans dégâts, feront office de repoussoir chez certains. Les ennemis sont également plus longs à vaincre. Seule diminution dans la difficulté : les boss qui pour le coup deviennent beaucoup moins passionnants puisqu'ils suivent eux aussi une paterne. Je pense sincèrement que l'acharnement ne sera pas généré par ce titre comme il put l'être par son prédécesseur. Ceci me fait relativiser la note concernant la durée de vie.

Conclusion: 11/20

Ce Rastan Saga 2 ou Nastar Warrior comme l'appelèrent les américains (simplement Nastar chez nous, notez l'anagramme…) est forcément une déception si on le compare à son illustre ancêtre. Pourtant, sorti de cette comparaison, il tient la route et reste agréable à jouer. Il est difficile de noter un jeu quand il s'agit d'une suite si celle-ci est moins réussie que les précédents titres de sa lignée. Pour l'amusement qu'il procurera aux joueurs tolérants et patients, je pense qu'il vaudra la note que je lui ai mise. Ceux qui le jugeront avec plus de sévérité seront à mon sens certainement trop sévères justement.


Article publié le 30/10/2011 Jeu testé par Tanuki