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Race Drivin

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Photo de la boite de Race Drivin
Race Drivin, capture d'écran Race Drivin, capture d'écran Race Drivin, capture d'écran
Sorti en 1988 sur borne d’arcade, Hard Drivin’ avait eu l’effet d’une bombe sur le monde des jeux de course en proposant une simulation 3D d’une immersion jamais vue auparavant. Deux ans pus tard sort sa suite, intitulée Race Drivin’, qui remportera elle aussi un grand succès auprès des aficionados du genre… Dommage que le portage sur Super Nintendo n’ait pas hérité des qualités de la version d’origine…

Le bullet time avant l’heure. Race Drivin’, un précurseur ?

Race Drivin’ était doté d’un aspect innovant indéniable à l’époque. Rendez vous compte : piloter des véhicules dans un environnement entièrement modélisé en trois dimensions avait de quoi surprendre en 1990. Le rendu, bien que simpliste, n’en était pas moins impressionnant pour l’époque et l’on en arrivait presque à oublier le vide sidéral des décors (malgré la présence de rectangles affublés de quatre triangles ressemblant vaguement à des vaches), les véhicules cubiques se différenciant uniquement par leur couleur ou encore l’absence de vue extérieure pouvant nuire à la conduite. En revanche, on aura beaucoup plus de mal à passer outre en ce qui concerne l’animation de l’ensemble. Essayez d’installer Far Cry 2 sur un Pentium III et vous aurez un bon aperçu du framerate calamiteux de Race Drivin’. Le soft aligne péniblement deux images par seconde pour une animation extrêmement saccadée à tel point qu’il en devient tout simplement injouable (injouable faisant ici office de doux euphémisme).

Si c’est ça la conduite, j’ai plus trop envie de passer le permis !

Pourtant, le soft n’était pas dépourvu de certaines bonnes idées susceptibles de renforcer l’immersion du joueur. En effet, la modélisation du tableau de bord permettait de réellement s’identifier au pilote conduisant le véhicule. D’ailleurs, la version Arcade proposait un véritable cockpit de pilotage au joueur qui se retrouvait réellement aux commandes de son bolide comme dans la réalité. Malheureusement, cette version Super Nintendo n’a pas su conserver cet atout et propose une maniabilité simpliste basée sur quatre touches respectivement dévolues à l’accélération, au freinage et au changement de vitesse. Concernant ce dernier, deux des trois voitures vous imposeront un changement automatique. Cependant, la troisième vous proposera de choisir entre une transmission automatique ou manuelle. On est en droit de se demander ce qui a poussé les développeurs à ne pas en faire autant pour les deux autres, d’autant que les différences entre chaque modèle ne sauteront pas aux yeux (que ce soit d’un point de vue visuel ou au niveau de la maniabilité)…

De toutes manières, on préférera la transmission automatique, puisqu’utiliser les touches (non modifiables !) X et Y pour changer de rapport aura pour effet de vous filer des crampes au bout d’une heure de jeu. Pourquoi ne pas avoir alloué les deux gâchettes du pad SNES à cette fonctionnalité plutôt que d’en faire une seconde croix directionnelle totalement inutile? En bref, on se retrouve devant un jeu totalement injouable dans lequel ne pas faire de sorties de route tiendra plus du miracle que de la maitrise du pilote, la faute à une maniabilité mal pensée et à des saccades ingérables. Vous aurez donc la joie de voir régulièrement le ralenti de vos innombrables crashs, ralentis aussi inutiles que laids à regarder.

Attention à ne pas vous endormir au volant !

Le principe du jeu est simple. Dès le début de la course, un compte à rebours s’enclenche. Laissez-le arriver à zéro, et c’est le game over. Vous devrez donc rallier le prochain checkpoint dans le délai qui vous sera accordé, pour obtenir un bonus de temps et finalement parvenir à rallier la ligne d’arrivée. Au menu des réjouissances, vous aurez droit à trois voitures et le même nombre de circuits. Si la première piste sera incroyablement ennuyeuse, les deux autres offriront un challenge un peu plus corsé avec une conception des plus inspirées. Vous enchainerez donc loopings, sauts et autres obstacles en tous genres, à la manière d’un Trackmania sur les machines actuelles. Malheureusement, la maniabilité exécrable poussera le joueur à abandonner l’expérience très peu de temps, puisqu’il ne ressentira absolument aucun plaisir à jouer. D’ailleurs, le flagrant manque de contenu constituera également un facteur non négligeable de la faible longévité du soft… Finalement, on ne jouera à ce jeu que trente secondes, temps nécessaire pour se rendre compte de l’étendue du désastre voire s’endormir devant l’intense ennui éprouvé…

Chérie, j’ai oublié la tondeuse dans l’coffre

Côté son, on n’est malheureusement pas mieux loti. Les musiques, au nombre d’une demi-douzaine, constituent une playlist d’une trentaine de secondes maximum. Inutile d’ailleurs d’espérer avoir droit à un quelconque thème musical pendant les courses, les morceaux étant exclusivement disponibles dans les menus et durant les replays. Le seul effet sonore que vous entendrez lors de vos prouesses sera le bruit de la tondeuse à gazon que vous avez malencontreusement oubliée dans le coffre. Vous réaliserez cependant après quelques minutes de jeu qu’une tondeuse allumée n’a rien à faire dans un coffre de voiture, et constaterez avec effroi que cet épouvantable bourdonnement monotone vous cassant les oreilles depuis le début de la course n’est autre que le bruit de votre moteur ! Bref, on en viendra très vite à couper le son du téléviseur pour arrêter ce massacre immonde qui ferait se retourner Ayrton Senna dans sa tombe.

Conclusion

Et tant que vous y êtes, quitte à couper le son, profitez-en pour éteindre purement et simplement votre console. Soyons clair : malgré son aspect innovant indéniable avec sa 3D certes simpliste mais terriblement efficace, Race Drivin’ est sans conteste le pire jeu de course auquel il m’ait été donné de jouer. Doté d’une maniabilité pauvre avec pour seule surprise un framerate digne de figurer dans le Guinness, il n’offrira aucun plaisir au joueur qui se contentera de le remiser dans un placard, juste entre SF The Movie et Ultraman. Malgré la grande qualité de la version Arcade, le monde des consoles de salon n’était visiblement pas prêt en 1990 pour accueillir un soft aussi poussé techniquement parlant…

Réalisation : 10/20
Gameplay : 2/20
Bande son : 1/20
Durée de vie : 4/20
VERDICT : 5/20


Article publié le 12/04/2009 Jeu testé par Manuwaza