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Bugs Bunny - Voyage a travers le temps

Section Test.


Sortie JAP non communiquée
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Bugs Bunny : Lost in Time
31/05/1999
Edité par Infogrames
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Bugs Bunny : Voyage à travers le Temps
29/06/1999
Edité par Infogrames
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Console: Sony Playstation
Genre:Action/Plates-Formes
Développeur: Behaviour Interactive
Joueurs: Solo uniquement
Existe aussi sur: PC-

Photo de la boite de Bugs Bunny - Voyage a travers le temps
Bugs Bunny - Voyage a travers le temps, capture d'écran Bugs Bunny - Voyage a travers le temps, capture d'écran Bugs Bunny - Voyage a travers le temps, capture d'écran
Une fois n’est pas coutume, il sera aujourd’hui question d’un jeu dont la suite a déjà été testée sur Oldies. Et oui, les brocantes sont féroces et ne nous laissent pas forcément le choix concernant l’ordre d’arrivée des jeux dans notre collection. Rassurez-vous (ou pas) cependant, il semblerait que l’adage « il faut garder le meilleur pour la fin » n’ait ici pas été respecté. Alors vous l’aurez compris, il sera question une nouvelle fois d’un test concernant nos amis les toons du pays ACME. Au programme, une succession de voyages (pré)historiques pour Bugs Bunny, le rongeur amateur de carottes. Bien évidemment, pas la peine de rappeler qu’un lapin ne sait pas conduire de Delorean…

Scénario :

… C’est d’autant plus vrai lorsque l’on aborde l’aspect scénaristique de ce soft qui est censé conter les aventures temporelles de Bugs. Il est vrai qu’envoyer un rongeur dans l’espace-temps à bord d’un quelconque véhicule américain que l’on remplit de déchets en guise de carburant aurait été un peu superflu, je vous l’accorde. Mais de là à faire tomber le lapin par hasard sur une machine à remonter le temps, il y a évidemment une marge ! Et bien pas le moins du monde pour nos amis de chez Behaviour Interactive ! En effet, sur le chemin de Pismo Beach (célèbre complexe hôtelier californien cité dans un épisode des Looney Tunes), Bugs découvre une machine à remonter le temps au beau milieu de nulle part, la confondant avec un distributeur de jus de carottes… Comble de malchance, il va la mettre en route accidentellement et se retrouver propulsé à travers différentes époques. Il devra donc accomplir diverses épreuves afin de retourner dans le présent. Un scénar finalement assez light…

Bien sûr, les habitués des épisodes Warner ne seront pas dépaysés puisque l’on retrouvera plusieurs ennemis naturels de Bugs et de ses compères les Toons, j’ai nommé Sam le pirate, Elmer Fudd, Marvin le martien… Ces derniers feront office de boss en lien avec l’époque traversée par notre héros.

Réalisation :

Alors à partir de là, ça se complique. Comme tout bon voyageur du temps, vous traverserez différents environnements. Nous allons donc commencer par là… Les backgrounds de ce jeu seront globalement une déception. En effet, en plus d’être pour la plupart assez vides, ils n’offriront que peu de tons enjoués que l’on était en droit d’attendre avec un jeu au pays Acme (le monde « les années 30 » avec ses teintes à dominantes grises est quand même vraiment laid…) Certaines textures iront jusqu’à disparaitre et l’on passera sur un léger aliasing, un défaut qui paraitra mineur par rapport au reste… Avec un trio gagnant, clipping, décors ternes et sensation de vide, on est quand même loin du compte sur le plan du level design!

Votre alter ego virtuel, bien qu’un peu carré redonnera du baume au cœur à tout ceux qui commenceraient à désespérer, puisqu’il sera aisément reconnaissable, à l’instar des boss, qui comme Sam le pirate vous rappelleront joyeusement le temps où vous regardiez des dessins animés (hein c’est encore le cas ?). Les ennemis de base, à l’inverse manqueront cruellement d’originalité. Inutile de préciser que l’IA est également, et vous vous en serez douté, faiblarde. Hélas, le soft souffre en outre de nombreux bugs de collision. Il ne sera dès lors pas rare que Bugs s’encastre littéralement dans un mur ou un décor, ne laissant apparaitre que la moitié de son corps… Pas grand-chose à dire au niveau des animations, ce sera passable sans plus…

Ce jeu est quand même sorti un an après Crash Bandicoot 3 et l’on remarque aisément qu’il accuse ne serait-ce que pour sa réalisation graphique pure et dure un wagon, que dis-je, un train de retard…

Gameplay :

Vous débuterez votre parcours dans un lieu nommé « Nulle part » (je sais, c’est très original…), c’est ici qu’un magicien du nom de Merlin Munroe (rien à voir avec notre illustre enchanteur ni avec Marilyn Monroe, il s’agit là d’un personnage inédit qui n’apportera finalement pas grand-chose si ce n’est quelques consignes et la possibilité de sauvegarder) vous apprendra à dompter votre personnage. Ce tuto vous permettra donc, si ce n’est de maitriser, de pratiquer les divers mouvements que Bugs a à sa disposition. Grimper à une corde, sauter sur un ennemi, pousser ou lancer un objet, se servir du maillet ou encore rentrer dans un terrier pour accéder à des endroits cachés. Malheureusement, une première constatation s’impose : la maniabilité de Bugs n’est pas des plus souples et c’est le moins que l’on puisse dire… Les phases d’action et surtout les phases de plateformes se révèleront parfois de véritables calvaires tant votre avatar virtuel met quinze plombes à exécuter les mouvements demandés. On a parfois l’impression d’être aux commandes d’un char d’assaut et certainement pas d’un lapin. Problématique quand il faut atterrir sur une plateforme ou sur la tête d’un ennemi précisément. Il ne sera donc pas rare de jouer au chat et à la souris avec un ennemi sans pouvoir se toucher mutuellement, parce que oui, l’IA aussi a le même problème… Un grand moment de rigolade…

Une fois le tutoriel terminé, vous découvrirez via la machine temporelle l’ensemble des mondes que vous devrez traverser dans une sorte de warp-room. Sachez toutefois qu’ils ne seront pas tous accessibles dès le début de l’aventure. Ce système de niveaux fonctionne de façon assez atypique. En effet, vous serez invité à commencer votre aventure à « l’âge de pierre ». Puis, vous accomplirez un autre stage directement dans le monde suivant, ici « le temps des pirates » et ainsi de suite, les niveaux se déverrouillant au fur et à mesure en fonction des objets spéciaux que vous aurez collectés (tout en sachant que les levels eux-mêmes seront portionnés en diverses épreuves…). On aurait apprécié une carte propre à chaque niveau, car même si ces derniers paraitront finalement assez petits (et vides surtout…), étoffer un peu le contenu n’aurait pas été du luxe…

Votre objectif dans ce jeu ? Traverser les niveaux tout en récupérant au passage les objets spéciaux cachés un peu partout. Vous devrez donc mettre la main sur des carottes dorées, des réveils, ainsi que des caisses ACME (uniquement dans certains stages et limitées en nombre, permettant finalement d’avoir un réveil supplémentaire). Carottes dorées et de réveils vous permettront ensuite d’accéder à d’autres levels. Bien entendu, il existe également des items « carottes » normaux qui vous serviront à remplir un sixième de votre jauge d’énergie, mais ces objets sont quasiment inutiles… Entendez par là qu’il n’existe pas de système de vies dans « Voyage à travers le temps » et que le fait que vous mourriez ne perturbera en rien votre progression puisque vous réapparaitrez au dernier checkpoint rencontré (ces derniers étant représentés par le chapeau à hélice de Merlin Munroe  et faisant également office de points de sauvegarde). Bizarrement, avec cette remarque, ce jeu me ferait presque penser à une fable de La Fontaine, «Le jeu qui se voulait facile ». Car oui, le soft est très facile… en théorie. Pourquoi ? Et bien parce que la jouabilité gâche la fête. On remarquera que le jeu a été destiné avant tout à de jeunes joueurs, mais il faut souligner qu’entre le niveau de difficulté quasi-nul (système de vies inexistant, épreuves de boss, avancée rapide…) et la maniabilité taillée à la hache, on assiste à un spectacle assez affligeant… Le jeu d’apparence tranquille est rendu agaçant par sa réalisation technique… Ce qui est d’autant plus dommageable que la vingtaine de niveaux présents auguraient d’une durée de vie tout à fait correcte…

Que dire pour rattraper tout cela ? Qu’il existe des supers pouvoirs comme dans Crash Bandicoot que vous ne pourrez débloquer qu’à partir d’un certain temps de jeu et qui vous forceront à faire des aller-retours puisque vous traverserez des stages où l’on vous montrera que vous n’avez pas encore les dits pouvoirs ? Que comme bon nombre de jeu d’action/plateforme sur Playstation la caméra n’en fait qu’à sa tête ? Ce qui alourdira une fois de plus une jouabilité déjà bien en deçà de ce que l’on est en droit d’attendre en 1999 ? Non sérieusement, si les idées de gameplay ne sont pas mauvaises en soit (avec quelques variantes sympathiques notamment contre les boss ou bien encore la course à ski contre la montre), la maniabilité déplorable achève le tout concernant la médiocrité du titre…

Bande-son :

Au niveau des mélodies, pas de problèmes majeurs à signaler. On déplorera uniquement le fait que les morceaux soient un peu en retrait par rapport au reste, car l’on retrouve le côté enjoué des Toons. Dommage.

En ce qui concerne les voix des personnages, il y a du bon et du catastrophique… Les dialogues seront interprétés idéalement avec les voix des acteurs des dessins animés lors des cut-scenes. Cela se gâte en revanche lorsque l’on parle d’onomatopées… Bugs nous gratifiera donc de pitoyables « Eyyyyeeee » (qui signifie « Aïe », je précise au cas où…) lorsqu’il se fera toucher par un ennemi, ou bien encore des « Hop là ! » à chaque fois que vous tombez dans le vide (synonyme de mort je précise… Erf, c’est vrai que le système n’existe pas...). Quel curieux choix de la part des développeurs ! Je veux bien croire que le soft est destiné à de jeunes joueurs, mais y’a des limites…

Conclusion : 10/20

Bugs Bunny : Voyage à travers le temps est un jeu très moyen. Si l’esprit des Toons est indéniablement présent et que l’on note quelques idées de gameplay intéressantes, on ne peut s’empêcher de mettre en avant les nombreux défauts du titre. Avec sa réalisation graphique datée et peu reluisante, sa jouabilité lourdingue et un manque d’inspiration général, on est très loin d’atteindre le niveau des ténors du genre… Heureusement pour nos amis les Toons, Infogrames tapera du poing sur la table lors de la création du deuxième opus de la série Bugs Bunny et Taz: La spirale du temps, qui est pour le coup mieux réussi...


Article publié le 31/08/2011 Jeu testé par Hijaki